La technologie – addictive à souhait – commence à gravement entraver la santé de l’humain. Il n’est pas exclu qu’une personne lambda passe d’interminables heures à "scroller" et à actualiser son fil d’accueil Facebook, Twitter, Instagram. Ces gestes constants causeraient ce qu’on appelle la "Nausée virtuelle".

La découverte, de ce qui est maintenant classé par certains Etats américains comme maladie, fut réalisée par la professeure américaine Cynthia M. Bulik, du Département de psychiatrie de l’École de médecine de l’Université de Caroline du Nord. Selon ses publications, la nausée virtuelle se traduit par des maux de ventre ou des vertiges après un temps d’écran assez long.

Un contenu inapproprié ou vulgaire peut certes provoquer un vertige ou un malaise, mais c'est surtout les répercussions physiques du scroll qui sont mis en avant, car ils agissent sur notre perception et notre santé. Et pourtant, la "cybersickness" est loin d’être vulgarisée même si elle est reconnue scientifiquement.

Un problème de coordination

Le fait de faire défiler le "feed" pendant des heures tout en restant immobile est bel et bien nocif. En enclenchant des vidéos, images, messages et autres, c’est les yeux qui auront à fournir un travail supplémentaire. Là, comme l’explique la professeure, naît une dissonance. En d’autres termes, c’est un conflit entre les canaux de perception qui provoqueront le malaise.

Il est question d’un phénomène reconnu scientifiquement ces dernières années. Selon la revue scientifique, Science Daily, cette réaction est connue sous le nom d’inadéquation sensorielle. Pour le psychologue cognitif Cyriel Diels, ce malaise est "une réponse naturelle à un environnement non naturel".

Les symptômes se veulent ordinaires, notamment le mal de tête, l'envie de vomir, des vertiges, une forme de confusion, la nécessité de s’asseoir un peu, mais aussi une migraine oculaire. Un temps d’écran considérable peut même causer une dépendance et une fréquence d’observation conséquente qui endommageraient l’appareil oculaire.

Les autres symptômes qui peuvent être ressentis pendant ou après une immersion virtuelle comprennent un inconfort général, des difficultés de concentration, une salivation accrue, une transpiration excessive, une sensation de lourdeur dans la région de la tête.

La réalité virtuelle: Un danger réel?

Près de trois décennies se sont écroulées depuis l’échec de la console VR Nintendo. Depuis, la réalité virtuelle a fait un retour convaincant. Les applications d'aujourd'hui vont de la gestion de la douleur et de la formation chirurgicale à la sécurité au travail et à l’immobilier. Mais malgré les améliorations du matériel et des logiciels au cours des dernières décennies, un problème n'a pas disparu: la nausée du mouvement.

Ce syndrome particulier concerne l’expérience des jeux vidéo en réalité virtuelle. Le casque VR de type Oculus Rift, engendre un conflit sensoriel traduit par des maux de ventre, de malaise et de vertiges. Les conséquences atteindraient même l’oreille interne provoquant des troubles de l’équilibre.

"Avec les systèmes de réalité virtuelle disponibles dans le commerce, l'incidence de la nausée du mouvement (motion sickness) après seulement 15 minutes est comprise entre 40 et 70%" a déclaré Thomas Stoffregen, kinésiologue à l'Université du Minnesota. Pour certaines applications, près de 100% des utilisateurs tombent malades.

Ce malaise témoigne d’un souci de coordination entre notre corps et notre perception des choses. Un décalage qui, selon les sensibilités, peut transformer une partie de jeux vidéo excitante en véritable cauchemar.

Cette réaction peut également être sentie en regardant un film d’action avec un montage effréné ou une vidéo avec des couleurs flash. Il est à reconnaitre que les scènes coupées et rapides provoquent une dissonance entre la perception et le corps.

Mais pas de panique, il existe toujours des solutions. Selon plusieurs études, comme toute chose, il faut consommer le temps d'écran avec modération et faire un usage du scroll contrôlé. Pour cela, il suffit de faire quelques pauses de temps en temps en faisant une petite sieste, de la lecture ou une petite balade et de ne pas "scroller" continuellement.